Le projet Healthy-Students, reçoit un financement de l’ANR dans le cadre de l’AAP JCJC 2026
RetourAu mois de juillet 2026, le projet Healthy-Students porté par Mélissa Macalli de l’équipe Healthy, a été sélectionné pour financement par l’ANR, dans le cadre de l’AAP JCJC 2026.
Un projet visant à développer une intervention numérique pour favoriser le recours aux soins en santé mentale chez les étudiants

Malgré une prévalence importante des troubles psychiques et des conduites suicidaires chez les étudiants, une part importante d’entre eux ne sollicite pas d’aide ou de soins en santé mentale.
De multiples freins expliquerait cette tendance : difficulté à identifier sa souffrance, manque d’information sur les ressources disponibles, stigmatisation ou encore hésitation à franchir le pas de la demande d’aide.
Le projet Healthy-Students, porté au sein du BPH par Mélissa Macalli de l’équipe Healthy, vise à répondre à cet enjeu en développant et en évaluant une intervention numérique co-construite avec les étudiants, les chercheurs et les professionnels de santé.
L’intervention sera déployée via le site de l’étude Prisme en partenariat avec l’Espace Santé Etudiants. Cette plateforme qui a recruté plus de 3000 étudiants de l’Université de Bordeaux a pour objectifs de monitorer la santé des étudiants et proposer des dispositifs de promotion de la santé mentale et de prévention de la souffrance psychique.
« Face à la fréquence des problèmes de santé mentale chez les étudiants, nous devons aussi agir sur ce qui se passe avant la demande de soins : aider les étudiants à identifier leurs difficultés, mieux comprendre ce qu’ils vivent et savoir vers qui se tourner.
Avec Healthy-Students, nous voulons développer une solution construite avec les étudiants eux-mêmes, et évaluer rigoureusement son efficacité. »
– Melissa Macalli
Le projet s’articulera autour de trois étapes principales :
- Co-concevoir une intervention numérique adaptée aux besoins et aux réalités des étudiants, dans une démarche de recherche participative ;
- Évaluer son efficacité pour favoriser les intentions et les comportements de recherche d’aide, mais aussi pour améliorer, à terme, les indicateurs de santé mentale ;
- Identifier les éventuelles différences d’efficacité selon les profils des étudiants, notamment selon le genre et le statut socio-économique, afin de contribuer à une approche plus équitable de la prévention en santé mentale.
La sélection du projet pour financement dans le cadre de l’appel Jeunes Chercheuses Jeunes Chercheurs (JCJC) de l’ANR permettra de développer et d’évaluer cette approche sur trois ans, avec l’ambition de produire des connaissances scientifiques mais également un dispositif pouvant, à terme, être transféré à d’autres établissements d’enseignement supérieur.
Impact scientifique
Healthy-Students répond à plusieurs lacunes actuelles de la recherche. Alors que les interventions numériques en santé mentale se développent rapidement, peu d’entre elles ont été rigoureusement évaluées pour leur capacité à favoriser le recours à l’aide et aux soins, en particulier chez les étudiants.
Le projet permettra d’abord de produire une preuve de concept d’une intervention numérique co-construite, puis d’étudier non seulement son efficacité, mais aussi comment, pour quels étudiants et dans quelles conditions elle fonctionne.
Une autre originalité du projet sera d’étudier la co-construction elle-même comme un objet de recherche, afin de mieux comprendre comment associer efficacement les futurs utilisateurs, les professionnels et les chercheurs au développement d’une intervention de santé. Ces enseignements méthodologiques pourront être utiles au-delà du champ de la santé mentale étudiante.
Impact sociétal et de santé publique
L’ambition première de Healthy-Students est de contribuer à réduire l’écart entre l’importance des difficultés de santé mentale chez les étudiants et leur faible recours aux soins. En intervenant en amont, avant que les difficultés ne s’aggravent ou qu’une situation de crise ne survienne, le projet vise à faciliter l’identification des besoins et l’accès aux ressources adaptées.
À terme, les résultats pourront aider les universités et leurs services de santé à mieux repérer les besoins non couverts et à renforcer leurs stratégies de prévention. Le projet pourra également contribuer aux réflexions des acteurs de santé publique sur le développement d’interventions numériques fondées sur des données scientifiques.
Un projet basé sur la collaboration et l’interdisciplinarité
Healthy-Students s’appuie sur les compétences complémentaires réunies au sein du BPH et sur des collaborations nationales et internationales.
Le projet capitalise notamment sur une dizaine d’années de recherches consacrées à la santé mentale des étudiants, menées par les membres de l’équipe projet et au sein du BPH, avec les contributions de Christophe Tzourio, Cédric Galéra, Shérazade Kinouani, Tiffany Bourgeois, Rodolphe Thiébaut et Marie Tournier.
Le projet bénéficie également de collaborations extérieures, notamment avec Margot Morgiève, sociologue et chercheuse Inserm à Paris, et Marie-Claude Geoffroy, psychologue et professeure associée à McGill University au Canada.
Cette équipe repose sur une approche résolument interdisciplinaire, à la croisée de la santé publique, de la psychiatrie, et de la sociologie. Cette complémentarité permettra d’aborder la santé mentale étudiante à la fois sous l’angle des besoins des étudiants, des comportements de recours aux soins et de l’évaluation scientifique des interventions.