Espaces verts et santé mentale – une étude menée par Cédric Galera
RetourUne équipe réunissant des chercheurs européens et des membres du BPH,
menée par Cédric Galera, a étudié l’impact de la présence et de l’accessibilité
aux espaces verts sur la santé mentale.
Cette étude apporte des résultats susceptibles d’éclairer
les politiques publiques de prévention, notamment en faveur des populations
les plus défavorisées qui davantage exposées à ces difficultés

Les résultats de l’étude sont clairs : les personnes les moins exposées aux espaces verts présentent davantage de risque de détresse psychologique.
En s’appuyant sur une méthodologie et des critères scientifiques robustes, l’équipe de Cédric Galera met en évidence un effet protecteur des espaces verts, particulièrement marqué chez les populations les plus précaires, avec une réduction de la détresse psychologique d’environ 30 %.
Réduire les inégalités de santé mentale : un enjeu majeur
La santé mentale, thématique prioritaire de recherche nationale en 2025, est étroitement liée aux inégalités sociales.
Les populations les plus défavorisées sont davantage exposées à des facteurs de stress psychosociaux et disposent souvent d’un accès limité aux espaces vert.
De précédentes études avaient déjà mis en corrélation l’accès à des espaces verts et le bien-être, mais sans évaluer la réduction des inégalités de santé mentale entre groupes sociaux.
Pour répondre à cette question, Cédric Galera, épidémiologiste et professeur des universités-praticien hospitalier en pédopsychiatrie et responsable de notre équipe BPH-HEALTHY s’est entouré de chercheurs européens comme Marie Navarro, ancienne doctorante BPH, de l’université de Groningen aux Pays-Bas, Francesca Bentivegna et Eirini Flouri de University College London au Royaume-Uni, ainsi que Charline Galesne et Noelia Retuerto du BPH.
Ensemble, ils ont cherché à déterminer si la présence d’espaces verts contribue à limiter les inégalités sociales face à la détresse psychologique, et fournir des données susceptibles d’éclairer les décisions publiques en matière d’urbanisme et de prévention.
Une étude longitudinale à grande échelle et une myriade de facteurs d’exposition qui conduisent à des résultats probants
Pour obtenir ces résultats, les chercheurs menés par Cédric Galera se sont appuyés sur les données de la Millennium Cohort Study (enfants et parents), qui collecte les données d’un large échantillon représentatif de la population britannique, avec plus de 25 000 adultes suivis entre 2003 et 2016. Les participants ont fait l’objet d’un suivi longitudinal de 11 ans, combinant entretiens et enquêtes répétées :
- La détresse psychologique a été mesurée à l’aide de l’échelle de Kessler (K6), un outil permettant de repérer les symptômes de dépression et d’anxiété
- Les participants ont été classés selon leur niveau d’exposition aux espaces verts autour de leur lieu de résidence, tout au long de leur vie
- L’analyse a été faite en prenant en compte de nombreux facteurs socio-économiques et environnementaux tels que le niveau de pauvreté, l’éducation, l’origine ethnique, l’âge, le sexe, la santé physique, l’urbanicité ou encore la pollution atmosphérique
Les résultats montrent que les personnes vivant dans des environnements peu végétalisés présentent des niveaux de détresse psychologique plus élevés et inversement, ce qui démontre un effet significatif des espaces verts sur le bien-être psychique.
De plus, cet effet protecteur serait plus important chez les populations en situation de précarité. Ces espaces sont des lieux propices à des activités ayant des effets positifs sur la santé mentale, tel que l’activité physique, les interactions sociales, tout en limitant la pollution, ou d’autres désagréments propres à la ville pouvant être source de stress. Ainsi, un lieu de vie offrant un accès à ce type d’environnements contribuerait à réduire les inégalités sociales face à la santé mentale.
Ces travaux ouvrent des perspectives importantes pour les politiques publiques sur la santé et l’urbanisme. L’intégration d’espaces verts dans les territoires où résident des populations défavorisées permettrait de lutter contre ces inégalités.
Pour la suite, Cédric Galera souhaiterait étendre ces recherches aux enfants et aux adolescents, afin de toujours mieux comprendre l’impact de l’environnement tout au long de la vie.