Diabète : inhibiteurs de la DPP4 et sulfonylurées, une association risquée

Dans l’article publié dans le BMJ du mois de mai 2016, Francesco Salvo, chercheur au sein de l’équipe « Médicament et santé des populations » U1219, rappelle combien le respect des recommandations, en terme de prescription médicale, est important pour les patients diabétiques, en particulier pour ceux qui suivent un traitement associant les inhibiteurs de la DPP4 (dipeptidyl peptidase-4) et les sulfonylurées (ou sulfamides hypoglycémiants). Sa publication permet d’évaluer le risque encouru quand de tels traitements sont associés, un risque important pour une association banale. Décryptage.

Pour rappel, le diabète de type 2 se manifeste chez le patient par une augmentation chronique de la glycémie (hyperglycémie). Cette perte de contrôle du taux de glucose dans le sang entraîne chez le patient une hyperglycémie et des effets importants, voire graves sur la santé (problèmes cardiovasculaires notamment). Le traitement médicamenteux, toujours en complément d’une bonne hygiène de vie, est alors préconisé. Cependant, un excès de contrôle de la glycémie, ou un dosage inadapté, peuvent entrainer, chez le patient sous traitement, une hypoglycémie (glycémie trop basse).

Utilisés pour contrôler la glycémie du diabète de type 2, les inhibiteurs de la DPP4 sont parfois administrés en général utilisés en association avec d’autres hypoglycémiants, tels que les sulfonylurées. En France, la HAS recommande actuellement cette bithérapie en deuxième intention (HAS, 2013). Cette association permet d’intensifier le contrôle glycémique ; elle peut donc augmenter le risque d’hypoglycémie. L’importance de l’augmentation du risque de cet effet était jusqu’ici inconnue.

Après une revue systématique et une méta-analyse de la littérature comprenant 10 études (soit 6546 participants), Francesco Salvo vient de constater que l’association des deux types de médicaments accroît le risque d’hypoglycémie de 50%. Elle pourrait ainsi entraîner un cas supplémentaire d’hypoglycémie tous les 10 patients traités.
Ces résultats mettent donc en évidence une nécessité, celle de respecter les consignes de réduction de dosage lors de la prescription de sulfonylurées quand ils sont associés aux inhibiteurs de la DPP-4. Francesco Salvo rappelle cependant, à ce sujet que, « si ces recommandations sont des recommandations de bon sens, leur efficacité dans le contrôle du risque d’hypoglycémie n’a pas été évaluée. D’autres études restent donc à mener pour améliorer la sécurité d’emploi des médicaments dans le diabète de type 2 ».

Addition of dipeptidyl peptidase-4 inhibitors to sulphonylureas and risk of hypoglycaemia: systematic review and meta-analysis. BMJ 2016; 353 

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