Prévention et prise en charge des traumatismes – IETO

L’équipe développe les méthodes de l’épidémiologie au profit de la prévention et de la prise en charge des traumatismes. Elle a pour objectif d’identifier les questions des scientifiques (facteurs, causes, pratiques cliniques, intervention…), et d’y répondre.

Objectifs

Chaque année dans le monde, environ 4 millions de personnes perdent la vie suite à un accident non intentionnel, représentant près de 7% de l’ensemble des décès et près de 10% des années de vie perdues. En France, ces traumatismes représentent la troisième cause de décès après les maladies cardiovasculaires et les cancers. Chaque année, un français sur 13 se rend ou est conduit aux urgences suite à un traumatisme.

 L’équipe « Prévention et Prise en Charge des Traumatismes » a pour mission d’étudier les facteurs humains, et en particulier les facteurs liés à la santé, qui interviennent dans les processus accidentels conduisant à des blessures : comportements à risque, déficiences motrices, perceptives ou cognitives, somnolence, consommation de psychotrope ou dégradation des capacités attentionnelles. Son projet scientifique a également pour objectif de mieux comprendre les déterminants qui conditionnent le succès d’une guérison faisant suite à un traumatisme.

Coordonnées

Centre de recherche INSERM U1219
Université de Bordeaux – ISPED
146 rue Léo-Saignat
33076 BORDEAUX cedex

Tél : +33 (0)5 57 57 15 04



Informations

Axes de recherche

Santé et traumatismes

L’équipe est en charge depuis 2006 de la gestion et de l’exploitation du programme CESIR dont le principe est de mettre en relation les données en provenance des forces de l’ordre sur les accidents et celles relatives aux consommations de médicaments et aux affections de longues durées fournies par l’assurance maladie. Ce programme permet, par exemple, d’identifier les médicaments présentant un risque pour la conduite.

Diversité des processus attentionnels et traumatismes.

Il existe depuis peu un intérêt croissant porté sur le lien entre attention et risque d’accidents. Sur la route, c’est l’utilisation du téléphone portable au volant qui a concentré les regards mais nombreux sont les événements et les activités qui peuvent conduire à des déficits attentionnels. Pathologiques ou non, ces processus sont étudiés au sein de cet axe, associés à la recherche de méthodes de prévention innovantes. Pour ce faire, dans le domaine des accidents domestiques et de la vie courante, l’équipe a lancé fin 2014 une grande cohorte nommée observatoire MAVIE et à laquelle 100 000 personnes sont invitées à participer.

Conséquences à long terme des traumatismes

Le programme SOFTER de l’équipe a pour but de mieux comprendre les raisons qui expliquent que 10 à 20% des blessés non graves souffrent encore, plusieurs mois après leur accident, de symptômes dégradant significativement leur qualité de vie. Il semble notamment que le stress lié à l’événement accidentel joue un rôle important. Les recherches de cet axe visent à identifier de nouvelles pistes pour prévenir ces symptômes et à améliorer la guérison de ces personnes.



Projets

Le programme de recherche CESIR : médicaments et accidents

CESIR (Combinaison d’Etudes sur la Santé et l’Insécurité Routière) a pour objectif d’évaluer la place des médicaments comme cause d’accidents de la circulation.
La méthodologie consiste à apparier les données de remboursement de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS) avec les données sur les accidents corporels recueillies par les forces de l’ordre. L’échantillon d’analyse est constitué de tous les conducteurs et piétons impliqués dans un accident corporel pour lesquels l’appariement sera rendu possible par l’identification du numéro de sécurité sociale dans le procès-verbal d’accident. Ainsi, ce sont environ 50 000 sujets qui constituent chaque année la population d’analyse.
Il s’agit de l’étude la plus large jamais conduite liant les données de consommation médicamenteuse avec des données d’accidentologie. Sa puissance permet notamment d’évaluer l’impact de molécules dont la fréquence d’utilisation est modérée.

 

Le projet GAZEL : accidents de la route

La cohorte GAZEL est une étude longitudinale initiée par l’INSERM en 1989 et qui a pour but d’étudier la santé de 20 000 personnes, à l’époque toutes anciennement employées de l’entreprise EDF-GDF. Une grande richesse, une grande diversité d’information sont disponibles et permettent d’analyser finement les facteurs expliquant les variations des états de santé tout au long de la vie.
L’étendue des champs abordés par cette cohorte est très large, des cancers aux pathologies cardiovasculaires, en passant par le vieillissement et les inégalités sociales de santé.
Notre équipe a initié en 2000 une étude particulière sur l’insécurité routière auprès des participants de cette cohorte. Depuis, des questionnaires ont été envoyés et leur analyse a permis de produire des résultats innovants : impact des événements de vie stressants, des indulgences, description des changements de comportements sur la route, adaptation des conducteurs au vieillissement.

 

L’observatoire MAVIE : les accidents de la vie courante

Depuis novembre 2014, l’équipe coordonne, avec le Pôle d’expertise du risque Calyxis, l’observatoire MAVIE.
Cette étude de cohorte vise à déterminer l’ampleur et les caractéristiques des accidents de la vie courante en France. La méthodologie de l’étude repose sur le recueil exhaustif des informations déclarées ou observées antérieurement à la survenue des accidents, telles que les variables concernant l’environnement domestique, les habitudes et modes de vie, et la santé de la victime. Le suivi prospectif, sur plusieurs années, de 100 000 volontaires permet ainsi d’identifier les facteurs associés à la survenue et à la gravité de ces traumatismes (facteurs de santé, TDAH, processus attentionnels, pharmaco-épidémiologie…). Conjointement, des programmes d’intervention et de prévention sont expérimentés directement au sein de la cohorte afin d’évaluer leur efficacité. Les mesures retenues permettront de réduire le nombre de victimes et seront une réponse à cet enjeu de santé public majeur (11 millions de blessés & 20 000 décès chaque année, en France).

 

Les projets ATLAS et PIAAC : attention et risques d’accident

Grâce à un partenariat privilégié avec le service des urgences adultes du centre hospitalier universitaire de Bordeaux, l’équipe IETO aborde une thématique innovante dans le domaine de la sécurité routière, celle de la compréhension des processus attentionnels impliqués dans les risques d’accident de la route.
La méthode utilisée est celle de la comparaison entre des usagers de la route présentant des niveaux de responsabilité différents dans des accidents. L’ensemble des volontaires participants sont des blessés de la route qui se présentent ou sont conduits aux urgences. Depuis 2005 c’est plus de 2000 patients qui ont participé à l’étude. L’un des résultats les plus marquants de ce projet est la mise en évidence du rôle central des pensées intrusives (mind wandering) conduisant à des inattentions ayant provoqué l’accident.

 

Le projet SOFTER : prévenir les syndromes post-traumatiques

Lorsque l’accident a eu lieu, lorsqu’il n’a pu être évité, il importe de proposer une prise en charge optimale du traumatisme. C’est pourquoi l’équipe IETO s’est engagée depuis plusieurs années dans l’étude des conséquences à long terme des accidents.
Avec le projet PERICLES tout d’abord qui a permis de suivre 3000 patients traumatisés dont la moitié de traumatisés crâniens. Les résultats ont montré pour la première fois qu’environ 20% des traumatisés souffrent encore 3 mois plus tard de toute une gamme de symptômes peu spécifiques du type de blessure mais qui peuvent être très handicapants : maux de têtes, troubles de la concentration, irritabilité, vertiges …
Parce que ces symptômes sont très liés au stress, notre équipe prépare l’étude SOFTER qui consiste à tester et évaluer l’impact de méthode de prise en charge du stress dans les heures qui suivent l’accident, dans l’objectif d’aider les victimes à retrouver une vie normale le plus rapidement possible.

 




Publications principales

  1. Lagarde E, Salmi LR, Holm LW, Contrand B, Masson F, Ribéreau-Gayon R, Laborey M, Cassidy D. Post-concussion syndrome: neither post-concussion, nor a syndrome, but may be part of posttraumatic stress disorder. JAMA Psy 2014 16 Juil.
  2. Galéra C, Orriols L, M’Bailara K, Laborey M, Contrand B, Ribéreau-Gayon R, Masson F, Bakiri S, Gabaude C, Fort A, Maury B, Lemercier C, Cours M, Bouvard MP, Lagarde E. Mind Wandering and Driving: A responsibility case-control study. BMJ 2012 Dec 13;345:e8105
  3. Avalos M, Adroher ND, Lagarde E, Thiessard F, Grandvalet Y, Contrand B and Orriols L, on behalf of the CESIR research group. Prescription-drug-related risk in driving: comparing conventional and lasso shrinkage logistic regressions. Epidemiology 2012 Sep;23(5):706-12.
  4. Zongo D, Ribéreau-Gayon R, Masson F, Laborey M, Contrand B, Salmi LR, Montaudon D, Beaudeux, JL, Meurin A, Dousset V, Loiseau H, Lagarde E.. S-100B Protein as a screening tool for the early assessment of minor head injury. Ann Emerg Med 2011 Sep 26.
  5. Orriols L, Delorme B, Gadegbeku B, Tricotel A, Contrand B, Laumon B, Salmi LR, Lagarde E, on behalf of the CESIR research group. Prescription medicines and the risk of road traffic crashes: a French registry-based study. PLoS Med 2010;7(11).

Membres


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